Lundi 19 mai 2008
Dans la continuation de ma collaboration avec les auteurs d'Oniris, je vous mets le travail que j'ai effectué pour l'une d'entre eux, qui se nomme Stépane Chamak, alis Widjet.

Son histoire porte le titre "le cadeau de Gabriel". Cette histoire porte sur l'amour qu'un petit garçon a pour une amie, Emilie.
Elle lui demande de lui offrir un cadeau à la mesure de son amour, qui la décidera à l'aimer en retour ou non. Gabriel cherche longtemps, mais il ne trouve pas. Son père, inquiet de son état, lui explique alors qu'une seule chose intéresse les femmes, mais qu'elle est inacessible et impossible. C'est dit, Gabriel va l'offrir à Emilie. Il se met à collecter beaucoup de bois en vue de son cadeau.
Un jour, la lune disparaît du Ciel et Gabriel est prêt à offrir son cadeau à Emilie. Malheureusement, Johnathan a été plus rapide et a offert à cette demoiselle dénuée de romantisme des boucles d'oreilles (à la brillance suspecte, en plus) ce qui fait qu'elle n'aime plus Gabriel.
Il remet son cadeau là où il l'a pris. Les scientifiques sont heureux de voir que la lune a retrouvé sa place...

Pour lire le texte en entier, c'est par ici.

Voici les illustrations que j'ai "pondues" pour cette histoire.

La première met en scène Gabriel expliquant pour la énième fois son amour à Emilie (imagé par un coeur rouge et luminescent), qui l'écoute distraitement (imagé par de petits nuages roses à côté de sa tête). Pour renforcer la représentation de la différence entre Gabriel et Emilie, ils sont représentés pour deux petits oiseaux au-dessus de peur tête, sur le mur. Le bleu symbolise Gabriel (l'oiseau bleu, oiseau du rêve) et chante son amour, et Emilie est symbolisée par l'oseau vert qui ne comprend pas (points d'interrogation et d'exclamation).



Cette illustration n'a pas totalement contenté l'auteur qui voyait les enfants plus jeunes et la présence de la lune dans ce dessin.

La seconde illustre la fin de l'histoire. Gabriel arrive avec son cadeau dans les bras, et Emilie lui annonce que Johnathan a déjà trouvé le cadeau idéal pour elle. On voit à son oreille une boucle d'argent. Le coeur de Gabriel, toujours symbolisé en rouge, éclate en rayons roses et rouges. Le coeur d'Emilie, en orange, est recouvert par celui de Johnathan, en bleu. Le bleu dégagé par le coeur de Johnathan les entoure tous deux, symbolisant leur relation.



Cette illustration est encore en consultation de l'auteur. Je vous ferais part de son avis dès qu'il me le donnera.


par Maman Crayon publié dans : Collaboration Oniris
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Samedi 17 mai 2008
On parle souvent dans les contes de potions magiques, de philtres et autres boissons peu ragoûtantes parfois sensée produire un quelconque effet, malheureux ou heureux, sur celui ou celle qui la consomme.

Je crois sincèrement qu'au-delà de cette image d'épinal, les potions de bonheur existent vraiment. Je m'explique.

Vous avez sans doute toutes et tous une chose qui vous met de bonne humeur ou qui vous soulage en cas de coup dur. Pour certain(e)s, ce sera écrire, aller marcher, boire ou manger quelque chose de particulier... pour d'autres ce sera taper dans un ballon, jouer sur l'ordinateur ou n'importe quoi d'autre.

Réfléchissez... je suis certaine que vous en avez, vous, une chose comme ça qui est en quelque sorte votre petite potion magique à vous. Pour moi, c'est de me faire un chocolat chaud avec de la cannelle ou d'aller me promener avec mon petit garçon.

Quelle que soit votre potion à vous, utilisez-là le plus souvent possible... vous verrez, c'est très efficace pour se sentir plus heureux. Dans ce sens, les potions sont vraiment magiques...

Je vous souhaite un excellent week-end!
par Maman Crayon
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Samedi 17 mai 2008
Je tiens à rassuer les gens qui ont passé devant chez moi mercredi et qui m'ont vue debout sur mon canapé en train de crier "à l'aboraaaaaaaaaaaage!": j'étais en train de regarder un film d'amination consacré à "Simbad la légende des sept mers".

L'animation était merveilleuse, surtout la méchante déesse qui se déplace toujours en volutes noires, le dessin et les retouches informatiques font des merveilles. J'en viens à me dire que le cinéma est le conte du XXIe siècle... comme lui, il fait rêver, s'imaginer, se transporter ailleurs... la seule chose s'est qu'au lieu de s'imaginer les lieux et les personnages, on les a déjà devant soi (une effort d'imagination en moins dans notre socété du prêt à consommer...). Mais le rêve reste et c'est cela le plus important!

Puisque je suis là, je vais profiter de vous parler de quelque chose d'incroyable qui est en train de m'arriver. je vous ai déjà parlé ici du site Oniris. Figurez-vous que je m'y suis carrément inscrite et que très naïvement, j'ai demandé à illustrer des histoires. Ayant peu foi en mon succès, je me suis dit que c'était bien incroyable si j'avais UNE réponse. Eh bien non... entre les messages laissés sur le site ou ici, je croule sous la demande. On me soumet des textes magnifiques, qui me donnent tous immédiatement une idée d'illustration. Jamais chose pareille m'était arrivée et je trouve ça tout simplement génial. J'espère simplement être à la hauteur des attentes de mes mandataires... je m'y applique en tout cas.


par Maman Crayon publié dans : Histoires
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Jeudi 15 mai 2008
Je vous vois déjà sursauter rien qu'au titre: "tiens elle donne dans le morbide tout à coup...".

Mais non, vous n'y êtes pas du tout! J'ai illustré le texte d'un auteur. Je vous explique.

Je fréquente depuis peu un forum sur le dessin au crayon de couleur (technique de votre serviteur). On peut y exposer ses oeuvres et parler de sa technique, de ses expériences bonnes ou mauvaises, etc. Autant vous dire que je suis accro ;-)

Ce forum travaille en collaboration avec Oniris, un site qui permet entre autre aux auteurs amateurs de s'exprimer. Ces auteurs peuvent venir sur le forum des crayons de couleur pour demander aux participants d'illustrer leurs textes.

J'ai donc jeté mon dévolu sur celui de Nico84. Voilà son talentueux texte qui m'a tappé dans l'oeil:

L'air semble paisible,
Je marche sur le balcon,
Attiré par une envie irrésistible,
Et la lueur se lève à l'horizon.

Les minutes s'égrènent,
Dans une ambiance sereine,
Une dernière bouffée d'oxygène,
Et je retourne tranquillement vers ma reine.

Mais une angoisse m'interrompt,
Tout se bouscule dans mon esprit,
Le cadre idyllique cache une illusion,
Et met en alerte mon instinct de survie.

Je parcours ma fin annoncée,
Des boules noires tachent le ciel orangé,
Cicatrisent et conquiert le territoire stellaire,
S'agglomèrent, horreur noire, vue de la Terre.

J'aperçois des mouvements, l'anarchie fait rage,
Et je fixe impuissant, à ce marcocosme carnage.
Explosion imminente d'une étoile mortelle,
Je panique, je titube, la chaleur se révèle.

La shpère enfle inlassablement,
Mon âme hurle devant ce cauchemar,
Le nectar de souffrance entre en moi,
Mon coeur suffoquant chauffe et contemple une ultime fois.

Ma moitié dort encore dans son lit innocent,
Un désir brûlant m'ordonne d'entamer un dernier baiser
Cependant, je n'irais pas la réveiller, je la protégerais,
De cette vision apocalyptique empreinte de fatalité.

Mon regard humide me rappelle tragiquement,
A ma situation de poussière à cet ogre agonisant,
Ses yeux s'ouvrent et ses cris se diluent,
Ces compulsions altérées, me transpercent  et me tuent.

J'attrape sa main crispée et la prends dans mes bras,
Elle fond et ses hurlements m'écoeurent, elle s'en va.
Mes larmes humides s'évaporent avec mes rêves en fumée,
Et je pleure en fusion, dans un bain d'inachevé.



Le passage en gras est celui qui m'a inspirée et j'ai tout de suite imaginé ce tableau. Voilà mon rendu au crayon:



La thème du cauchemar ne rentre d'habitude pas tellement dans mes sujets de prédilection et c'est par défi que j'ai voulu illustrer ce poème. Je suis moyennement contente du résultat... je trouve que le climat d'angoisse n'est pas du tout rendu. On dirait juste un homme qui regarde un ciel bizarre... J'aurais au moins essayé!

En prolongement de cela, puisque j'ai votre attention, je vous annonce que je vais participer à un concours international d'illustration qui aura lieu en septembre. Les illustrateurs de partout peuvent y participer, et c'est sur la suggestion de Twinkle que je m'y suis mise. Du boulot en perspective, donc. Au pire, je ne serais simplement pas reçue :-)
par Maman Crayon publié dans : Collaboration Oniris
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Mardi 13 mai 2008
Bonjour à tous!

J'espère que vous avez passé un bon long week-end!

Je vous propose, si vous avez un compte msn messenger, de discuter en direct si vous le souhaitez:

pepere-mookie@live.fr

Je suis souvent connectée en fin d'après-midi ou début de soirée.

Bonne journée et à très vite pour de nouveaux contes et de nouveaux dessins!
par Maman Crayon
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Jeudi 8 mai 2008
Twinkle, maîtresse de la communauté des contes dont je fais partie, nous a lancé un défi. Raconter une histoire, faire un dessin ou écrire une chanson sur le thème d'une exposidtion qui a porté sur les créatures du plus profond de la mer. Le but du jeu est d'utiliser les noms qu'elle cite dans son article et qui sont hauts en couleur. J'ai aussi utilisé le vrai aspect des créatures que j'ai prises, me basant sur le site de l'exposition.

Mon choix s'est porté sur une courte histoire illustrée incluant le calamar bijou, le vise-en-l'air et le physophore vahiné (ce dernier n'étant pas dans sa liste mais sur le site de l'exposition).

Voici donc l'histoire de Mademoiselle Calamar et Miss Fond des Mers.

Il était une fois... vous croyez aux contes de fées vous? Moi oui, surtout depuis que j'ai été élue Miss Fond des Mers. Je m'appelle Mademoiselle Calamar. Oh, je ne suis pas une beauté, mais j'ai voulu montrer aux gens qu'avec un peu d'astuce, on arrive à tout.

Par défi, je me suis inscrite au concours de Miss Fond des Mers. Je savais bien que je n'allais pas être à la hauteur face à la fameuse et magnifique Vahiné Physophore. Elle est toujours seule à se présenter et elle a toujours gagné ce concours.

En cherchant comment améliorer mon apparence, j'ai nagé par le fond des mers (je nage toujours quand j'ai besoin d'inspiration) et je suis tombée sur un vieux rafiot en ruine avec "Titanic" écrit dessus. Comme il était rudement grand et très beau, je me suis risquée à y entrer.

Là, j'ai trouvé tout un tas de choses sans intérêt (sequelettes divers, tissus, vaisselle) et puis je suis tombée sur un coffre. Un petit coffre ouvert donc l'intérieur semblait comme luire doucement dans l'eau. Je me suis approchée. Il contenait des perles mauves en collier, en boucles d'oreilles et en bagues. C'était magnifique. Nul doute qu'avec ça sur moi, j'allais être la plus belle. Je me suis donc parée de ces bijoux et je suis repartie dare-dare me présenter au concours.

Et croyez-moi ou non, Monsieur Vise-en-l'Air, le juge du concours, a eu bien du mal à nous départager, Vahiné et moi. Et finalement, j'ai gagné!


Me voilà la nouvelle Miss Fond des Mers et affublée de plus d'un nouveau surnom: Calamar Bijou. Mais appelez-moi Bijou, en toute simplicité.
par Maman Crayon publié dans : Histoires communauté : Contes au fil des jours
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Mercredi 7 mai 2008
Tout le monde a quelque part dans sa mémoire le souvenir d'un grand-père.

Les images du mien sont multiples.

Son profil, sérieux et appliqué, penché sur l'établi de son petit atelier. Il répare, aiguise, tappe, gonfle, polit, repeint, mélange des poudres diverses dans des seaux. Je restais là, petite, juchée sur un tabouret ou debout, pour voir ses mains abîmées travailler avec habileté le bois ou le métal.

Ces mêmes mains, violettes. Dans la chaleur de l'été, il grimpe comme un chat maigre le long des échelles, un panier attaché à la ceinture. Ces mains sont violettes de cueillir, jusqu'à ce que l'arbre soit dénué de fruits, les cerises noires et mûres. Plus tard, lorsque l'air sera devenu plus piquant et que l'école aura recommencé pour moi, il fera de même avec les pommes de son grand verger.

Le soir de ces mêmes étés, sur la terrasse, dans le soleil finissant. Sa voix qui s'élève, forte et cristalline et tous ces chants qu'il m'a appris et que je chante aujourd'hui parfois à mon enfant. Les paroles, souvent, qui lui échappent après le premier ou le deuxième couplet. Alors on part sur une autre chanson.

Ses chants me rappellent aussi les soirées ou les jours de fêtes. Il y avait toujours un moment où il commençait à éclaircir sa voix pour chanter tout son répertoire, qui allait d'anciennes chansons paysannes aux Compagnons de la Chanson. Son expression, toujours différente et coordonée à la chanson qu'il interprétait.

Son rire enfin, un rire d'homme qui aime la vie et la fête, le bon vin et qui ne prend jamais un café sans une petite giclée de "pomme", faite maison bien sûr.

Pourtant, bien qu'il aime la vie et la fête, il ne rechignera devant aucun travail, car "s'asseoir c'est mourir", comme je l'ai entendu un jour. Aller traiter les champs (avec sa "pompe" faite maison à partir d'un vieux châssis de tracteur flanquée d'un énorme tonneau en bois sur le devant), scier du bois (avec sa scie faite maison à partit d'une petite jeep "willis" enrichie à l'arrière d'une scie à ruban de son crû), tailler et soigner les arbres, ramasser les fruits, les trier, les vendre, les conserver, en faire de l'alcool. Travailler toujours et encore, jusqu'à la fin.

Cette fin désirée et si difficile, cette fin de vie sans repos qui s'éteint doucement comme une flamme, rongée par la maladie. Le corps, outil si précieux et toujours vaillant qui s'émancie, se fatigue, et n'est bientôt plus qu'une grande douleur. Quel horreur de t'entendre me dire "je n'ose plus me regarder dans le miroir...". Pourtant, moi je te regarde, et je t'aime de tout mon coeur. Aux derniers jours, alors que j'ai senti que c'était très grave, je passe un moment de visite à te caresser le front, doucement. Parce que je comprends sans vraiment le savoir que plus rien d'autre n'est utile, ni mots, ni réconfort. Juste la tendresse et l'assurance de savoir que quelqu'un est là. C'est la dernière fois que j'entendrais ton souffle calme et régulier.

Tu t'éteindras un froid matin de décembre, seul et discret, tôt, à l'heure où d'habitude tu affrontais une nouvelle journée. Comme chaque printemps, la nature renaît, les arbres sont en fleurs et tu me manques. J'entends tes chants et ton rire lorsque je m'assieds sur ma propre terrasse...
par Maman Crayon publié dans : Histoires communauté : Contes au fil des jours
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Lundi 5 mai 2008
Comme vous le savez par mon profil, je suis maman au foyer. Or, mon petit garçon commence à avoir envie de jouer et je dispose de moins de temps qu'au paravant. Je vois que la poussière s'amoncelle et que je ne suis plus mon ménage avec la même régularité, faisant passer mon blog avant tout (sauf mon garçon bien entendu). Je crois qu'il est temps de dévisser quelques minutes les yeux de mon ordinateur et de mon papier à dessin et de reprendre pied dans la vraie vie!  Je vais donc continuer ce blog avec moins de régularité, et les mises à jour seront effectuées uniquement une à deux fois par semaine.

Je vous annonce aussi l'ouverture d'un autre blog, fait conjointement avec mon mari. Nous avons racheté un vieux bus Setra S7 dans l'idée de le réaménager en véhicule d'habitation pour faire du camping. Voici donc le "Blog au Bus":

http://blogaubus.lematin.bleublog.ch

Cet aménagement va aussi me prendre du temps...

Merci de votre compréhension!
par Maman Crayon
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Lundi 5 mai 2008
Une illustration tirée du livre de Marguerite Yourcenar les Nouvelles Orientales.
D'après moi un des plus beau livres. Il regroupe une série de nouvelles en forme de contes (plutôt pour adultes, certaines sont tout de même assez dures). Celle qui m'a inspirée est tirée de la première nouvelle du livre "Comment Wang-Fô fut sauvé":

Wang-Fô était un peintre qui voyageait avec son disciple, Ling. Ils vont tous deux de ville en ville selon l'inspiration du vieux Wang-Fô qui recherche toujours de nouvelles choses à peindre. Un matin, des soldats viennent les arrêter et les conduisent devant l'Empereur. Ling tremble, car la veille il a volé du riz pour le repas de son maître.
Mais ce n'est pas pour cette raison que l'Empereur veut les voir. Il a vécu depuis toujours enfermé dans son Palais. Petit enfant, il n'avait pas le droit de se mêler au bas peuple. C'est par les peintures de Wang-Fô qu'il a eu une idée du monde. Lorsque l'Empereur eut atteint l'âge de régner, il partit par les routes pour admirer le monde merveilleux que Wang-Fô lui avait fait connaître par la peinture. Malheureusement, l'Empereur n'ayant pas l'oeil du peintre, le monde lui sembla n'être qu'un ramassis d'horreur face à la sublime et délicate beauté des tableaux de son enfance.
Il avait donc fait venir Wang Fô pour le tuer et le punir de l'avoir à jamais dégouté du monde
, "toi dont les sortilèges m'ont dégoûté de ce que je possède, et donné le désir de ce que je ne posséderais pas".
Le pire des supplices est réservé à Wang-Fô: ses yeux seront brûlés et ses mains coupées, pour qu'il ne puisse ni admirer le monde, ni le retranscrire par la peinture. Entendant cela, son disciple Ling bondit pour tuer l'Empereur mais un soldat lui tranche la tête.
Avant de mourir, le vieux peintre doit exécuter une dernière volonté de l'Empereur: terminer une de ses toiles de jeunesse jamais achevée, car nul doute que si près de perdre sa vue et ses mains, Wang-Fô peindra comme jamais.
La toile est apportée et Wang-Fô s'exécute. Au fur et à mesure qu'il peint, la salle du trône se remplit d'eau et une petite barque, lointaine dans le fond de la toile, s'approche dans le battement régulier des rames. Ling la conduit, avec autour du cou une étrange écharpe rouge.

"- Je te croyais mort."
"- Vous vivant, dit respectueusement Ling, comment aurais-je pu mourir?"
Et il aida le maître à monter en barque. Le plafond de jade se reflétait sur l'eau, de sorte que Ling paraissait naviguer à l'intérieur d'une grotte. (...)
"- Regarde mon disciple, dit mélancoliquement Wang-Fô. Ces malheureux vont périr, si ce n'est déjà fait. (...)"
"- Ne crains rien, Maître, murmura le disciple. Bientôt, il se trouveront à sec et ne se souviendront même pas que leur manche ait jamais été mouillée. Seul, l'Empereur gardera au coeur un peu d'amertume marine. Ces gens ne sont pas faits pour se perdre dans une peinture."
Le vieux peintre et son disciple partirent ainsi sur la mer calme, et disparurent de la toile, disparaissants derrière un rocher, dans le fond de la toile.




par Maman Crayon publié dans : Contes communauté : Contes au fil des jours
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Vendredi 2 mai 2008
Il était une fois un Royaume de Glace étincelante. Les maisons, les arbres, les routes, tout était fait de glace et de neige scintillante. Ce royaume était gouvernée par une fée, la Fée d'Argent.

A quelques pas de là, on trouvait le royaume de Feu, tout entier fait de chaleur et de flammes brillantes. Le roi qui gouvernait cet endroit s'appelait le Roi d'Or.

Depuis des milliers d'années, peut-être même depuis la naissance du monde, ces deux royaumes s'affrontaient dans une guerre affreuse, un duel entre le chaud et le froid dont personne n'était jamais sorti vainqueur.

La Fée de Glace avait une fille unique. Elle était belle comme une étoile de givre. Souvent, on pouvait la voir déambuler dans les jardins du palais, calme et douce comme la neige, discrète et silencieuse.

Le Roi d'Or avait un fils unique. Il était beau comme un brasier. Souvent, on pouvait le voir déambuler dans les forêts ardentes du royaume, fougueux et lumineux comme la flamme, charismatique et expansif.

Un matin où la princesse du Royaume de Glace, nommée Aurore, gagnait le fond du jardin royal, elle entendit un étrange bruit derrière un buisson. Une sorte de râle. La princesse pensa à une bête blessée ou prisonnière d'un piège. Délicatement, elle écarta les branches du buisson et se fraya un chemin dans la masse des arbustes.

Ce qu'elle vit la laissa muette de stupeur et d'effroi. La râle était produit par un humain.

Un jeune homme très beau au teint mat et aux vêtements dorés était couché entre les buissons, sur sang coulant d'une de ses nombreuses blessures. La neige autour de lui fondait en faisant des volutes de vapeur, pareilles à un petit brouillard.

Qui était donc cet homme?

Aurore voulut toucher son front mais au contact de sa peau sa main lui brûla affreusement, comme une morsure de bête féroce. Allons donc! Un espion de l'autre royaume! Le fameux Royaume de Feu... que faire de cet homme?

Aurore n'avait jamais rien compris à cette guerre, dont plus personne d'ailleurs ne se souvenait ni du commencement ni de la raison. On était en guerre, et voilà. La princesse regarda autour d'elle, et voyant qu'il n'y avait personne, retira un de ses nombreux jupons. Elle en entoura deux grosses branches et en fit un brancard de fortune. Elle le glissa sous l'homme avec beaucoup de mal et le tira jusqu'à un pavillon abandonné qui servait autrefois au garde-chasse.


Jalil se réveilla avec l'impression que son corps n'était qu'une immense et douloureuse crispation. Il se redressa et vit que toutes ses blessures avaient été pansées. Il s'assit avec peine sur le bord de son lit fait de cristal et regarda autour de lui.

Il se trouvait dans une vaste salle ronde dépouvrvue de meubles, avec de toutes petites fenêtres dont les rideaux duveteux étaient tirés, plongeant la pièce dans une légère pénombre. Son lit avait été recouvert d'une peau de fourrure et bien qu'il soit habillé chaudement, il avait très froid. Son dernier souvenir était qu'il avait été pris en embuscade aux frontières du Royaume de Glace. La bataille avait fait rage longtemps, puis il avait été atteint dans le dos et ensuite... c'était le trou noir. A voir l'endroit où il se trouvait, il avait été capturé par l'ennemi. Il ne put s'empêcher de constater que pour un ennemi de guerre, le Royaume de Glace le traitait bien. Mieux que le Royaume d'Or, pensa-t-il.

Il fut tiré de sa rêverie par un murmure très doux. Une petite porte qu'il n'avait pas remarquée semblait ouvrir sur une sorte de vestibule. Là, deux personnes discutaient. Un vieil homme courbé sur une canne argentée, vêtu d'un long manteau cotonneux aussi blanc que sa longue chevelure bouclée,ainsi qu'une jeune femme.
Comme elle était belle... sa parure était faite de glace et sa robe était pareille aux étoiles de givre qui scintillent dans la rosée du matin. Ils parlaient avec amination, quoique très bas, et Jalil ne pouvait rien comprendre d'autre qu'un discret chuintement.


Aurore discutait avec le vieux mage Ivan, conseiller de la Fée et confident de sa fille. Elle venait de prendre soin de l'ennemi blessé et ne savait pas ce qu'il convenait d'en faire. Ivan était d'avis qu'il fallait le garder dans le pavillon en secret car il pourrait toujours être utile.

Ivan vit que le blessé s'était réveillé. Il s'approcha de lui et lui dit d'une voix douce:
"- N'aie crainte, nous ne te voulons aucun mal. Personne ne sait que tu es ici. Qui es-tu?"
"- Je m'appelle Jalil, et je suis la prince du Royaume d'Or."
Ivan et Aurore ouvrirent de grands yeux ronds. Il était certain maintenant que Jalil pouvait leur servir.

En discutant, ils se rendirent compte tous trois qu'ils abhorraient cette guerre absurde et qu'il fallait y trouver une issue. Aurore et Jalil décidèrent d'un commun accord d'essayer de faire fléchir leurs parents, et ce une fois que le prince d'Or serait sur pieds.

Malheureusement, Jalil fut découvert par le jardinier, curieux de voir qu'Aurore se rendait très souvent à l'ancien pavillon du garde-chasse. La Fée d'Argent  le fit mettre en prison et convoqua son père le Roi d'Or afin de demander une rançon.

Une fois arrivé, on prit soin de faire patienter longuement le Roi d'Or, suprême insulte. Il s'enflammait, se triturant les méninges pour savoir comment son imbécile de fils, un trop doux, avait fait pour se faire prendre comme un vulgaire soldat débutant.

La Fée d'Argent le reçut dans le jardin, afin de lui faire sentir encore plus son inimportance. Dans cette guerre immonde, toutes les bassesses étaient permises, voire conseillées. Ivan l'accompagnait, soucieux de savoir comment il allait retourner la situation conformément à son voeu de paix.

Alors que la discussion s'envenimait et que le ton montait, des bruit de pas résonnèrent sur les dalles de marbre. Aurore et Jalil firent leur apparition. En charmant le garde, la princesse avait réussi à faire libérer le prince.
Elle prit la parole:
"- Avant de continuer plus loin dans vos basses querelles, écoutez ce que vos enfants ont à vous dire. Jalil et moi, ainsi que vos peuples, en avons assez de la guerre. Elle n'a que trop duré. Afin de la faire cesser et d'être certains qu'elle ne reprenne pas, Jalil et moi allons nous marier. Nos peuples ne doivent plus subir une guerre dont personne ne sait ni pourquoi ni comment elle a commencé."

La Fée et le Roi se regardèrent. La paix... bien sûr, dans le plus profond de son coeur, chacun en rêvait. Faire cesser le bruit des canons et le sifflement des flèches, faire sécher le sang et les larmes était une belle perspective pour le futur. Mais la guerre était si ancrée entre eux, ils avaient toujours appris qu'il fallait la maintenir, pour la gloire du royaume et l'esprit des ancêtres qui avaient donné leur vie à leur cause. Aucun ne voulait offrir la paix à l'autre, de peur de paraître faible ou pire, d'avoir l'air d'accepter la défaite. Demander la paix voulait dire renoncer et capituler devant l'ennemi. Jusqu'à ce jour, il en avait été hors de question.

Aurore et Jalil leur montraient par plusieurs exemples que personne ne sort jamais vraiment vainqueur de la guerre. Même si on gagne, des vies ont été sacrifiées, des familles ont été brisées et des êtres seront marqués dans leur chair et dans leur âme pour toujours. Dans la paix par contre, tout le monde est victorieux.

Quelques jours plus tard, les noces d'Aurore et de Jalil furent célébrées dans un grand faste. La fête dura plusieurs jours, marquant aussi la réunion des deux royaumes de Glace et d'Or.

Le nouveau Roi d'Or et sa nouvelle Reine d'Argent vécurent heureux, mais n'eurent pas d'enfants, puisque leur nature contraire les empêchaient de s'unir dans leur chair. Cela ne les empêcha pas de s'aimer jusqu'à leur mort, à un âge très avancé.



par Maman Crayon publié dans : Contes
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  • : Maman Crayon
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  • : Femme
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  • : Je suis une magicienne qui aime à enjoliver le quotidien. Bonne humeur et couleurs sont mes meilleures potions! pour peut-être discuter en direct, mon msn: pepere-mookie@live.fr

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